Remise en route d’une Kawazaki KMX 125

Un petit article rafraichissant sur la remise en route d’une petite KMX125. Il n’y a pas eu d’énormes défis techniques à relever, mais un ensemble de petits défauts ou soucis à régler avant d’être récompensé par une belle fumée bleue. L’équilibre parfait d’une bécane qu’on achète non roulante et qui finit par péter.

Tout commence avec un sms sans fioriture du frangin comme il en a le secret. Son beau-frère à une vieille pétoire dans son garage qu’il n’utilise pas et cherche à s’en débarrasser. On essaye d’estimer l’état de la moto sur cette unique photo et puis après avoir fait semblant de faire la fine bouche on finit par toper avec le mec. On est assez ravi d’avoir craqué, comme on craque sur de la saucisse sèche au marché en passant devant.

La bécane est rapatriée en remorque car ne démarrant pas, et commence alors une des plus belles phases de la mécanique : le diagnostic. On identifie le modèle, l’année, la version. On cherche les éventuelles pièces manquantes et on commence à envisager des hypothèses qui pourraient justifier une panne.

  • la batterie est HS
  • la fourche semble fuire
  • la pompe à huile + réservoir d’huile ont été retirés
  • le contacteur de feux stop arrière est cassé
  • le moteur ne démarre pas
  • un clignotant est dessoudé
  • le liquide de frein est bien marron
  • la pompe à eau fuit (après avoir tiré sur un petit bout de joint bleu qui pendouillait )

Commençons par le moteur !

On commence par mettre un coup de kick contact éteint, le moteur tourne, il n’est pas bloqué et la compression est bonne. C’est bon signe. Mais même après avoir branché une batterie 12V et essayé de kicker comme un forcené avec ou sans starter, rien ne se passe. Même pas un début de toux. On commence alors par checker la bougie en la dévissant et en la mettant a la masse pour voir l’étincelle. La bougie et l’étincelle sont belles, on peut donc éliminer un point. On passe donc à l’essence. Par réflexe je commence par déposer le carburateur qui est très chiant à décaler de la boite à air d’un coté et du moteur de l’autre. Petit nettoyage à l’essence, tout a l’air d’aller bien malgré un dépôt rougeâtre dans le fond de cuve. Pas de quoi bloquer un moteur. Mais la moto ne tousse toujours pas ! J’essaye alors de brancher en direct sur le carbu une arrivée d’essence de manouche, c’est à dire un petit pot « la laitière » avec une durite qui plonge dedans . La moto démarre au quart de tour, tient le ralenti et fume gentiment bleue.

Le problème est donc en amont du carbu ! Et là j’en profite pour gueuler un coup sur les sagouins qui ont des fausses bonnes idées sur leur bécanes. Premier coup classique, on ajoute un filtre à essence entre le réservoir et le carbu et bien sur on le monte à l’envers alors que la flèche dessus est sans équivoque ! Ensuite on a lut un jour sur un blog ou un forum de KMX que pour protéger sa bécane, mieux vaut l’amputer de sa pompe à huile. « Ben ouais si la pompe à huile pète, tu graisse plus et tu serres ton moteur » #supermalin ! On suit les tutos (nombreux) et puis derrière, pour pas serrer on prépare un petit mélange à une dizaine de pourcent pour être sur ! Je vous rappelle que 3% est largement suffisant pour graisser son moteur et que l’inconvénient de tourner au mélange, au delà de devoir se trimballer avec de l’huile pour faire le plein, c’est que la moto doit tourner régulièrement pour que le réservoir ne caramélise pas !

 

Donc, après avoir nettoyé le réservoir à fond, démonté le robinet pour déboucher les filtres à essence des 2 position (là c’est simple ils étaient devenus étanches), remis le filtre dans le bon sens et vidant auparavant la merde qui s’était installé du mauvais côté, la bécane tourne aux petits oignons même sans batterie. AHA ! on commence à être pas mal tintin car quand le moteur tourne, l’âme de la moto t’accompagne pour le reste.

Ensuite reste les petites détails pour finaliser la moto. Un clignotant dessoudé, une vidange de l’huile de boite, une purge de liquide de frein, un contacteur de feux stop remplacé.

Une revue du joint de la pompe à eau qui avait déjà a été reprise à la pâte à joint. La technique ici est de tartiner ça comme du Nutella et puis on espère que ça tiendra.

Enfin remise en place des cales pieds retirés par l’ancien proprio, mais bien commode pour emmener Madame en promenade. (On notera que dans le passé un gars a colmaté l’échappement grâce à son malabar)

A ce niveau, c’était de la mécanique joyeuse car aucun obstacle bloquant ne s’est présenté. Au moment du premier essai roulant pourtant j’avais beau débrayer comme un sagouin, la moto embrayait malgré tout. Réglage au max de l’embrayage n’y changeant rien. Du coup pendant la nuit j’ai cogité à comment je devrais décoller ces fichus disques d’embrayages sans doutes collés, j’ai lu des tutos de mecs qui désossaient intégralement leur moteur pour gagner quelques grammes… (Projets qui, au passage, finissaient souvent en abandon avec cette réplique horrible « J’ai plus le temps de me consacrer à ce projet, je la vend en l’état, bonne base de mécanique…. » Pôv Bécane !)

Et puis le lendemain, pas franchement chaud à tout déposer, je me suis mis en légère descente, j’ai démarré le moteur au neutre, j’ai mis un bon coup de gaz et j’ai tout lâché en mettant un coup de rein vers l’avant. C’est pas la méthode officielle de rouler avec une moto qui ne débraye pas, mais de fil en aiguille l’embrayage retrouva progressivement sa fonction première et la moto devint contrôlable. Victoire !

il restera à essayer de remettre une pompe a huile et un jour jeter un oeil a l’huile de fourche mais ça n’empêche pas de rouler!

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *